Rapports du ministère

Groupe de travail sur le diabète

Rapport présenté au ministère de la Santé et des Soins de longue durée

septembre 2004


Sommaire

Le diabète (diabète sucré) est une maladie chronique qui touche 706 500 personnes, soit 7,5 pour cent de la population ontarienne. En Ontario, le nombre des diabétiques a doublé depuis dix ans et pourrait atteindre les 1,2 million d'ici 2010.

Des modifications importantes du mode de vie sont nécessaires pour lutter non seulement contre le diabète, mais aussi contre des états concomitants tels que l'hypertension et la dyslipidémie, de même que pour prévenir ses complications, notamment les maladies cardiovasculaires. Le diabète et ses complications contribuent de façon significative au fardeau de la maladie :

  • l'espérance de vie des diabétiques est inférieure de 13 ans à celle des non diabétiques;
  • près du quart des décès survenus en Ontario en 1997 étaient dus au diabète;
  • le risque d'insuffisance rénale terminale (rénopathie) chez les diabétiques est 13 fois plus élevé que chez les non diabétiques ;
  • les diabétiques subissent 70 pour cent des amputations de membres inférieurs;
  • les maladies cardiovasculaires sont la cause de quelque 70 pour cent des décès chez les diabétiques;
  • les hospitalisations pour accidents cérébro-vasculaires (ACV) sont environ trois fois plus fréquentes chez les diabétiques ;
  • la rétinopathie diabétique est la première cause de cécité chez les Canadiens âgés de 30 à 69 ans ;
  • chez les diabétiques, l'infarctus aigu du myocarde (IAM) survient de 15 à 20 ans plus tôt que dans la population générale ;
  • les diabétiques doivent se soumettre à un traitement chirurgical pour cause de maladie vasculaire en moyenne 20 ans plus tôt que les non diabétiques.

Il est établi qu'un contrôle serré de l'indice glycémique (taux de sucre dans le sang) réduit considérablement le risque de complications. On sait maintenant que chaque réduction de 1 pour cent de l'hémoglobine A1c, mesure du taux moyen de glycémie, correspond à une réduction de 14 pour cent des infarctus aigus du myocarde et de 16 pour cent des taux d'insuffisance cardiaque . Également, selon certaines études, l'incidence des complications peut être abaissée par l'optimisation de la tension artérielle et du taux de lipidémie ainsi que par la surveillance régulière de la vue et de l'état des pieds. La modification du régime alimentaire, une intensification de l'activité physique et l'abandon du tabac sont aussi des facteurs positifs, associés à de meilleurs résultats.

À l'heure actuelle, le système de santé est axé sur la prestation des soins aux diabétiques en période de crise. Or, il est impossible dans de telles situations de concevoir un traitement rationnel du diabète, soit un bon contrôle de la glycémie, la prise en charge des facteurs de risque concomitants au plan cardiovasculaire (dont l'hypertension et la dyslipidémie) et le dépistage des complications.

Les données dont fait état l'ouvrage Diabetes in Ontario: An ICES Practice Atlas soulignent des écarts considérables entre la prestation actuelle des soins et services et une pratique fondée sur des données probantes, outre des niveaux élevés de complications évitables. Par exemple, durant une période de sept ans (de 1992 à 1999), 87 425 Ontariens diabétiques ont été hospitalisés ou ont consulté en salle d'urgence au moins une fois en raison d'un taux de glycémie anormalement élevé ou bas, alors qu'un bon traitement en clinique externe aurait pu le leur éviter. Il est démontré que le dépistage et le traitement précoce des troubles de la vue diabétiques préviennent la cécité; pourtant, 51 pour cent seulement des cas de diabète de type 2 récemment diagnostiqués avaient fait l'objet des mesures de dépistage recommandées au cours de l'année précédant le diagnostic. On a, fois après fois, fait la preuve que certains antidiabétiques abaissent le risque de complications, mais ces médicaments ne sont pas prescrits aussi souvent que nécessaire. En 1999, plus de 900 Ontariens diabétiques ont subi une amputation majeure, et plus de 500 ont essuyé la perte partielle d'un pied, même si le risque à cet égard peut être substantiellement réduit par un bon entretien des pieds et une prise en charge dynamique des facteurs de risque au plan vasculaire. Aujourd'hui, le diabète est à l'origine de la moitié ou plus des nouveaux cas d'insuffisance rénale terminale et d'une escalade des dialyses. De 1995 à 2000, les nouveaux cas de dialyse ont grimpé de 84 pour cent chez les diabétiques alors que, au sein de la population générale, la progression était inférieure à 10 pour cent, tendance reflétant en partie le défaut chez les sujets à risque de prendre les hypotenseurs appropriés.

Face à ces chiffres consternants, qui établissent la prévalence croissante du diabète et ses répercussions tragiques sur la santé de la population ontarienne (voir à ce sujet l'ouvrage de 2003 Diabetes in Ontario: An ICES Practice Atlas), le ministère de la Santé et des Soins de longue durée (MSSLD) de l'Ontario a, en 2003, formé le présent Groupe de travail, avec le mandat de conseiller le Ministère sur les meilleurs moyens à employer pour alléger le fardeau du diabète au sein de la population ontarienne. Certains craignent que les services actuels de santé publique ne ciblent pas efficacement l'amélioration du traitement des personnes atteintes de diabète.

Le but du Groupe de travail n'est pas de formuler des recommandations exhaustives quant à tous les aspects du traitement et de la prévention du diabète, mais d'examiner les priorités qu'il a cernées et les mesures les plus susceptibles d'améliorer la situation des diabétiques et de la population dans son ensemble. Dans cette perspective, le Groupe de travail émet les 12 recommandations stratégiques qui suivent :

  1. Réduire les délais d'attente qu'accusent les programmes d'enseignement et de traitement du diabète de la province et faire passer le taux d'accès actuel de 28 pour cent des diabétiques diagnostiqués à 50 pour cent au moins d'ici trois ans, puis, graduellement, à 100 pour cent.
  2. Faire en sorte que les Ontariens intéressés aient accès, dans toute la province, à des programmes structurés et intégrés d'enseignement et de traitement du diabète qui soient conformes aux normes de qualité ontariennes.
  3. Améliorer la situation des diabétiques par la prestation, dans toute la province, de services intégrés de qualité et dispenser des programmes structurés d'enseignement et de traitement du diabète, principalement par le biais de services communautaires de soins primaires multidisciplinaires.
  4. Améliorer l'accès aux examens de la vue et au traitement des complications rétiniennes.
  5. Implanter dans les hôpitaux des équipes soignantes spécialisées à l'intention des diabétiques hospitalisés dont le cas est complexe.
  6. Élaborer des stratégies rationnelles et détaillées de financement à long terme qui soient équitables pour toutes les personnes atteintes de diabète et démontrer en aval les améliorations apportées à la situation des patients.
  7. Améliorer l'accès à l'insuline et aux fournitures nécessaires : pompes, seringues, bandelettes et auto-piqueurs.
  8. Subventionner des études sur les facteurs qui entravent l'accès aux médicaments appropriés (hypoglycémiants, hypolipémiants, hypotenseurs ou inhibiteurs de l'ECA) et sur les moyens d'éliminer ces obstacles afin d'améliorer la fidélité au traitement et l'état des patients.
  9. Subventionner directement la recherche, afin de hausser le niveau qualitatif et quantitatif des données sur le traitement clinique et la prestation des soins aux diabétiques.
  10. Mettre à profit le tout nouveau modèle économique, élaboré expressément pour l'Ontario, qui devrait aider le gouvernement à prendre des décisions concernant certaines interventions nouvelles.
  11. Favoriser l'élaboration d'une stratégie d'appui aux milieux propices à l'activité physique et à une saine alimentation.
  12. Les gouvernements provincial et fédéral devraient envisager la mise en œuvre de nouvelles politiques, prévoyant des mesures incitatives et l'accès (à prix abordable) à des aliments sains, tels que fruits et légumes.

Les membres du Groupe de travail sont honorés qu'on ait fait appel à leurs compétences pour tenter de combattre l'une des maladies chroniques les plus dévastatrices au sein de la population ontarienne. Si les présentes recommandations sont favorablement accueillies par le ministre, le Groupe de travail préconise la formation d'un comité de mise en œuvre dans les plus brefs délais.

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