Rapports du ministère

Établir des assises solides pour la construction d'un système de santé publique robuste au bénéfice des Ontariennes et des Ontariens

Rapport annuel 2005 du médecin-hygiéniste en chef à l'intention de l'Assemblée législative de l'Ontario


Résumé

Ces circonstances ont davantage mis en relief le rôle critique de la santé publique dans la prévention, la détection, les enquêtes et la gestion des éclosions de maladies infectieuses.

La crise du SRAS fut l'élément déclencheur du processus de mise à niveau du système de santé publique, tant en Ontario que dans l'ensemble du pays. Le juge Campbell dresse le constat d'un « système défaillant », résultat d'un lent déc lin au fil des ans. En 2005, l'on a connu des éclosions graves de rubéole et de la maladie du Légionnaire ainsi que l'épisode de l'eau contaminée à Kashechewan, et l'on observe une préoccupation grandissante au sein de la population quant à l'état de préparation des gouvernements en cas de pandémie d'influenza. Ces circonstances ont davantage mis en relief le rôle critique de la santé publique dans la prévention, la détection, les enquêtes et la gestion des éclosions de maladies infectieuses.

Aussi, dans le cadre du plan d'action gouvernemental visant à renforcer le système de santé publique en cette ère post-SRAS, l'on a conféré au médecin-hygiéniste en chef de l'Ontario des pouvoirs accrus. Signalons notamment l'indépendance dont jouit dorénavant le titulaire de cette fonction, alors que son rapport annuel sur l'état de la santé publique dans la province doit être présenté à l'Assemblée législative de l'Ontario. Dans ce premier rapport indépendant à l'intention de l'Assemblée, j'insiste en particulier sur le parcours accompli jusqu'à maintenant dans le processus de renouvellement du système depuis la fin de la crise du SRAS en 2003. L'accent que j'y ai mis sur la protection ne vient en rien occulter l'importance des autres fonctions dont le système s'acquitte. Il importe de jeter les bases d'un système de santé publique qui soit résilient et efficace afin d'assurer la protection de la santé des citoyens tout en renforçant notre capacité de composer avec tous les volets de la santé publique. Car le mandat de la santé publique ne vise pas uniquement à composer avec la menace immédiate que représentent les maladies infectieuses, mais aussi avec les besoins à long terme en matière de lutte contre les maladies chroniques, la prévention des blessures, l'épanouissement sain des enfants, la santé familiale et communautaire, ainsi que la santé environnementale – les déterminants de la santé et de la maladie en étant le fil conducteur. L'aptitude à s'acquitter de ces responsabilités sera tributaire de la résilience et de la capacité de notre système de santé publique.

Ce rapport est en quelque sorte un « examen » de la santé du système de santé publique de la province. Dans l'ensemble, mon appréciation du système en est une « d'optimisme mesuré ».

En effet, malgré les importants progrès réalisés au cours des deux dernières années, beaucoup reste à faire. Dans ce rapport, je souligne les endroits où il y a eu progrès tout en ciblant ceux où la situation demeure préoccupante.

En juin 2004, le ministère de la Santé et des Soins de longue durée (MSSLD) a publié un document éponyme, intitulé Opération Protection de la santé : Plan d'action visant à prévenir les menaces d'ordre sanitaire et à promouvoir la santé en Ontario. Parmi les nombreux volets de ce plan d'action qui sont présentement en voie d'être mis en oeuvre, l'on se doit de souligner l'importance de l'un des éléments les plus cruciaux de cette stratégie, soit la mise en place de l'Agence de santé publique de l'Ontario. Il s'agit là d'un centre d'excellence qui fera en sorte que l'Ontario puisse compter sur une source crédible, fiable et objective de connaissances, de renseignements et de données en matière de santé publique pouvant être mises au service de l'élaboration de pratiques et de politiques efficientes et efficaces. Les diverses expériences glanées auprès des agences de santé publique déjà implantées ailleurs au Canada et dans le monde entier serviront à en façonner les divers éléments. Le comité d'experts qui s'est penché sur cette question a présenté ses recommandations intérimaires en octobre 2005 et son rapport final est attendu au début de 2006.

Le laboratoire provincial de santé publique serait l'une des pierres d'assise de l'Agence. C'est à ce laboratoire que l'on s'adresse lorsqu'il s'agit d'identifier l'agent infectieux à la source d'une éclosion (par exemple, dans le cas du SRAS et de la maladie du Légionnaire), ainsi que pour faire réaliser des tests en quantité massive afin d'appuyer le traitement des patients et les décisions des gestionnaires lors d'une éclosion. Cependant, en son état actuel, le laboratoire de santé publique a des lacunes graves, voire fondamentales. Il faut remédier sans tarder à cette situation si l'on veut que ce laboratoire puisse satisfaire les intérêts de la santé publique lors d'éclosions de maladies infectieuses qui risquent de survenir à l'avenir. Or, jusqu'à ce que le laboratoire soit doté des ressources humaines et matérielles convenables et qu'il soit pleinement intégré au reste du réseau de santé publique, l'Ontario demeure vulnérable.

Les 36 bureaux de santé publique locaux constituent la première ligne de protection de la santé de la population ontarienne. Plusieurs questions importantes demeurent sans réponse en ce qui concerne la structure de ce réseau et la suffisance de sa capacité à protéger et à promouvoir efficacement la santé de tous les Ontariens et Ontariennes. Plusieurs postes de médecin-hygiéniste restent à pourvoir au sein d'un grand nombre de bureaux de santé publique et ce, depuis fort longtemps, et le recrutement d'autres types de professionnels de la santé publique y pose également problème. Un comité d'examen des capacités a été mis sur pied afin d'examiner notamment ces problèmes, et son rapport final est attendu au début de 2006. Je pressens que les recommandations à cet égard feront état de transformations fondamentales dans leur fonctionnement, y compris la consolidation de certains bureaux de santé publique afin d'atteindre une masse critique d'expertise et de ressources.

La crise du SRAS a exposé au grand jour les diverses lacunes dans notre capacité à contrer l'éclosion et la propagation de maladies infectieuses en Ontario. Une mise à niveau de grande envergure ayant été entreprise depuis la crise du SRAS, d'importantes éclosions de rubéole et de la maladie du Légionnaire en 2005 sont venues mettre à l'épreuve les progrès réalisés jusqu'alors. L'éclosion de rubéole est survenue dans un petit bureau de santé publique qui ne disposait pas depuis plusieurs années des services à temps plein d'un médecin-hygiéniste dûment qualifié. Bien que le système ait pu composer favorablement avec cette situation, grâce notamment à un apport substantiel d'entraide de l'extérieur contribuant à maîtriser l'éclosion, cela a illustré l'absence d'une masse critique suffisante d'expertise et de ressources dans les bureaux de santé publique de faible taille. L'éclosion de la maladie du Légionnaire a, quant à elle, mis en relief la nécessité de consentir encore davantage d'efforts en vue d'améliorer la coordination et les communications au sein du système de soins de santé. Ces deux incidents nous procurent de précieux enseignements quant à la capacité de l'Ontario à gérer des incidents plus importants d'éclosion de maladies infectieuses à l'avenir.

On a mis en oeuvre de nombreuses autres initiatives visant à faciliter la gestion des éclosions. D'importants progrès ont été réalisés dans le renforcement de notre capacité de réponse en cas d'éclosion de maladies infectieuses. Signalons, par exemple, la mise sur pied d'un comité provincial d'experts sur les maladies infectieuses, chargé de fournir des conseils scientifiques d'experts aux travailleurs du réseau de la santé publique et des soins de santé en général. L'on procède également à la mise en place de réseaux régionaux de lutte à la propagation des maladies infectieuses afin de rehausser la coordination et la communication à l'échelle locale. L'on intensifie également la conception des programmes de formation des travailleurs de la santé dans la lutte à la propagation des maladies infectieuses.

L'on observe une préoccupation grandissante, tant au sein du milieu de la santé que de la population en général, au sujet de notre état de préparation en cas de grippe pandémique. L'Ontario a élaboré son premier plan de lutte contre la grippe pandémique en 2004 et a procédé à sa mise à jour en 2005. Bien que nous soyons aujourd'hui mieux préparés qu'il y a deux ans à affronter une telle situation, il y a encore fort à faire. Il faut accroître la planification et la dotation en ressources afin de nous assurer de pouvoir disposer de réserves de matériel et de produits pharmaceutiques en temps utile et que les plans de distribution de ces éléments soient prêts au moment opportun. Il y a notamment lieu de circonscrire les rôles et les responsabilités des préposés aux paliers local, provincial et fédéral dans le cadre de la planification des mesures d'intervention au sein des communautés des Premières nations. Il y a eu certes des discussions au sujet de l'établissement d'un protocole formel d'intervention en cas d'urgence de santé publique touchant des communautés des Premières nations, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour y arriver.

Mon appréciation du système en est une «« d'optimisme mesuré »», en raison des progrès importants réalisés au cours des deux dernières années pour renforcer le système de santé publique de l'Ontario. Il faut en même temps reconnaître qu'il reste beaucoup à accomplir.

En procédant à la reconstruction de notre système de santé publique, il convient « d'éviter de colmater les brèches sans réparer convenablement la fondation», comme l'a récemment affirmé le Dr David Butler-Jones, administrateur en chef de la santé publique du Canada, en commentant les efforts consentis par le passé au renouvellement du système. Le défi qui se pose, c'est que le renouvellement du système de santé publique de l'Ontario exigera des efforts concertés pendant plusieurs années. Il s'est écoulé presque trois ans depuis la crise du SRAS et nous entreprenons une phase critique qui déterminera si nous saurons poursuivre sur notre lancée pour renouveler le système ou si, au contraire, cette synergie se dissipera.

La création de l'Agence de santé publique de l'Ontario et, partant, d'un laboratoire de santé publique entièrement revitalisé, ainsi que le renforcement de la capacité des bureaux de santé publique locaux, sont des étapes cruciales qu'il faudra franchir en 2006. L'aptitude à protéger et à promouvoir la santé des Ontariennes et des Ontariens contre les menaces qui se poindront à l'avenir dépendra, à tout le moins, de la mise en oeuvre complète de ces initiatives.

Ce faisant, nous aurons établi des assises solides pour la construction d'un système de santé publique robuste et efficace, dans lequel les citoyens de l'Ontario pourront avoir confiance à juste titre. Dans les rapports que je présenterai à l'avenir, je compte faire état notamment des progrès qui auront été réalisés à ce chapitre et des questions qui demeurent préoccupantes et nécessitent un suivi particulier.

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Rapport
Établir des assises solides pour la construction d'un système de santé publique robuste au bénéfice des Ontariennes et des Ontariens :
Rapport annuel 2005 du médecin-hygiéniste en chef à l'intention de l'Assemblée législative de l'Ontario

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Janvier 2006

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