Rapports du ministère

Rapport du groupe de travail mixte sur la stratégie de prévention des accidents cérébrovasculaires


Résumé

Les accidents cérébrovasculaires (ACV) coûtent près d'un milliard de dollars par an à l'économie de l'Ontario et sont l'une des premières causes de décès et d'invalidité neurologique chez les adultes. À l'heure actuelle, en Ontario, au moins 90 000 personnes subissent les effets d'un accident cérébrovasculaire (ACV), par exemple des déficits moteurs, sensoriels ou cognitifs ou des problèmes de communication. On estime que les ACV sont l'une des premières causes de placement des personnes âgées en établissement de soins de longue durée. Le vieillissement de la population de l'Ontario fera probablement augmenter l'incidence de cette maladie.

Les ACV posent diverses difficultés non seulement au système de soins de santé mais à la population de l'Ontario. Autrefois, on présumait qu'il y avait peu à faire pour prévenir ou traiter l'ACV. D'une part, cette maladie n'était généralement pas traitée comme une urgence médicale exigeant des soins urgents, d'autre part, l'expertise nécessaire à la réadaptation des patients -- particulièrement la réadaptation à domicile -- était limitée et la prévention recevait peu d'attention.

Or, les connaissances et les thérapies nouvelles permettent d'améliorer de façon dramatique les soins aux victimes d'ACV en Ontario. En effet, des résultats scientifiques convaincants démontrent à présent qu'il est possible de prévenir l'ACV et d'améliorer considérablement les soins actifs et la réadaptation. Ces développements pourraient alléger dans une mesure non négligeable le fardeau humain et économique attribuable aux ACV. Les personnes exposées aux ACV ou celles qui en ont été victimes, ainsi que leur famille, bénéficieront dans une large mesure des développements proposés dans les soins aux victimes d'ACV en Ontario.

D'abord, nous savons maintenant que les ACV sont facilement évitables. Il est possible de réduire considérablement le nombre d'Ontariennes et d'Ontariens exposés aux ACV en les invitant à modifier leur mode de vie, par exemple en les encourageant à cesser de fumer, à augmenter leur activité physique et à surveiller leur nutrition. Parmi les personnes à risque élevé, le nombre d'ACV peut être réduit de moitié par la prise d'hypotenseurs, d'antiplaquettaires ou d'anticoagulants ou par la chirurgie (l'endartériectomie carotidienne).

Les développements les plus récents indiquent que, contrairement à ce qu'on croyait, il existe un traitement efficace pour les ACV. Dans le traitement de cette maladie, l'application de protocoles fondés sur l'expérience clinique et le recours à des équipes interdisciplinaires peuvent réduire considérablement la mortalité, la morbidité, ainsi que les coûts hospitaliers et le besoin en soins de longue durée. Cette approche (appelée « soins organisés aux victimes d'ACV ») nécessite non pas des investissements importants dans les nouvelles technologies mais plutôt une réorganisation des ressources actuelles. Découverte encore plus fascinante, dans les circonstances idéales, le médicament thrombolytique (TPA) utilisé pour arrêter une crise cardiaque peut également enrayer un ACV. Et ce n'est qu'un début. On travaille actuellement à la mise au point d'autres médicaments (tels les « neuroprotecteurs ») destinés au traitement des ACV.

Deux projets innovateurs entrepris en Ontario sont particulièrement dignes de mention. Ces projets, la Stratégie coordonnée de prévention des ACV et le Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires, sont pour l'Ontario une chance unique de tirer parti des travaux les plus avancés qui se fassent au Canada en matière de soins aux victimes d'ACV. Ces travaux permettront à l'Ontario de progresser plus rapidement dans l'élaboration d'un système de soins organisés aux victimes d'ACV et dans la recherche sur cette maladie.

En misant sur ces nombreux développements survenus récemment, nous pourrons améliorer la qualité de vie de la population ontarienne et alléger considérablement les coûts et le fardeau qu'entraînent les ACV. À cette fin, nous devons organiser les soins aux victimes d'ACV dans l'ensemble du système des soins (depuis la prévention et les soins actifs jusqu'à la réadaptation et la prévention secondaire) et ce, à l'échelle de la province.

L'élaboration d'une stratégie provinciale globale, intégrée et fondée sur l'expérience clinique ferait également de l'Ontario un chef mondial dans la prévention des ACV, les soins aux victimes de cette maladie, la réadaptation et la recherche.

Après une étude et un examen minutieux des pratiques en vigueur en Ontario et de la documentation internationale sur les ACV, le Groupe de travail mixte sur la stratégie de prévention des accidents cérébrovasculaires a formulé un certain nombre de recommandations sur la façon d'améliorer les soins aux victimes d'ACV. Le chapitre qui suit présente le détail de ces recommandations. :

Prévention des accidents cérébrovasculaires

  1. Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée devrait appuyer les activités de promotion de la santé qui contribuent à la prévention primaire des accidents cérébrovasculaires.
  2. Des cliniques de prévention des ACV devraient être mises sur pied afin d'améliorer la prévention secondaire des ACV et de soutenir les efforts permanents de prévention du secteur des soins primaires, des soins actifs et de la réadaptation.
  3. Il faudrait encourager la prévention des ACV par les fournisseurs de soins primaires.
  4. Les médicaments nécessaires à l'application des meilleures pratiques de prévention des ACV devraient être inclus dans le Programme de médicaments de l'Ontario.

Soins d'urgence / soins actifs

  1. Dans le cadre d'un plan intégré de prévention des ACV pour l'Ontario, les ACV devraient être classés parmi les priorités du ministère de la Santé et des Soins de longue durée.
  2. Un système de protocoles et de centres de traitement régionaux et locaux devrait être établi afin de relier tous les hôpitaux de soins actifs de l'Ontario.
  3. Afin de favoriser le développement d'un système « Télé - ACV », le ministère de la Santé et des Soins de longue durée devrait prendre les mesures nécessaires à l'égard des répercussions juridiques et financières de l'utilisation de réseaux de télécommunication pour le télédiagnostic.
  4. Afin d'appuyer les soins actifs organisés aux victimes d'ACV et la mise en oeuvre de la thrombolyse pour les accidents ischémiques cérébraux, il faudrait sensibiliser le public aux signes avant-coureurs des ACV.

Réadaptation

  1. Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée et la Fondation de l'Ontario des maladies du coeur devraient promouvoir l'élaboration de systèmes régionaux de réadaptation des victimes d'ACV.

Évaluation et surveillance

  1. Il faudrait mettre sur pied un système d'information favorisant la collecte des données et la surveillance dans l'ensemble du système des soins aux victimes d'ACV.

Ressources humaines

  1. Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée devrait étudier les besoins ultérieurs en ressources humaines pour le domaine des ACV.
  2. Un comité chargé de la formation à la prévention des ACV devrait être constitué aux fins de l'administration d'un fonds provincial de formation à la prévention de cette maladie.

Mise en oeuvre et développement

  1. Afin de faire progresser l'expérience clinique dans certains domaines particuliers des soins aux victimes d'ACV, le ministère de la Santé et des Soins de longue durée devrait appuyer un certain nombre de projets pilotes (par exemple le système « Télé-ACV » et la réadaptation des victimes d'ACV).
  2. Afin d'assurer l'application ordonnée de toutes les recommandations, il faudrait mettre sur pied un organisme de mise en oeuvre chargé de superviser l'élaboration graduelle d'un système de soins organisés aux victimes d'ACV. Cet organisme devrait comprendre un comité directeur de mise en oeuvre de la stratégie de prévention des ACV, des groupes de travail, les bureaux régionaux du ministère de la Santé et des Soins de longue durée et un ensemble de centres de traitement régionaux, appuyés par l'équipe de gestion du ministère. Le processus graduel de mise en oeuvre devrait s'étaler sur une période de trois ans.
  3. Il faudrait mettre au point une approche coordonnée et plus dynamique pour le financement de la recherche sur les ACV.

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Rapport
Rapport du groupe de travail mixte sur la stratégie de prévention des accidents cérébrovasculaires, juin 2000
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Juin 2000

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