Rapports du ministère

Résumé en français du rapport
"Report Card : Progress in Protecting the Public's Health"

Rapport du comité d'experts sur l'éclosion de la maladie des Légionnaires


Préparé par le Comité d'experts sur l'éclosion de la maladie des Légionnaires, ce rapport tente de répondre à quatre questions :

  • Quand l'éclosion de la maladie des Légionnaires est apparue, est-ce que les interventions du système ont été meilleures que par le passé?
  • Est-ce que les mesures prises depuis la crise du SRAS ont fait une différence?
  • Qu'est-ce qui a bien fonctionné?
  • Que pouvons-nous améliorer à l'avenir?

Introduction

À l'automne 2005, une éclosion de la maladie des Légionnaires s'est déclarée dans un foyer de soins de longue durée dans la ville de Toronto. Cette infection, apparentée à une pneumonie, a touché au total 135 personnes : 70 pensionnaires du foyer, 39 membres du personnel, 21 visiteurs et 5 personnes qui résident ou travaillent dans les environs du foyer. Vingt-trois pensionnaires sont décédés des suites de la maladie. Pendant 10 jours, on ignorait la cause de l'éclosion.

L'éclosion de la maladie des Légionnaires était la première occasion depuis la crise du SRAS en 2003 où l'Ontario devait affronter la menace d'une maladie qui n'était ni facilement décelable ni identifiable. C'était aussi la première occasion de mettre à l'épreuve les leçons tirées de la crise du SRAS.

Depuis deux ans, les responsables du système de santé en Ontario travaillent à la mise en place des recommandations formulées dans Pour le bien de la santé publique : Un plan d'action, rapport final du Comité d'experts sur le SRAS et la lutte contre les maladies infectieuses de l'Ontario (Comité d'experts sur le SRAS et la lutte contre les maladies infectieuses. Pour le bien de la santé publique : Un plan d'action. Avril 2004); les autorités tentent aussi d'améliorer notre capacité à intervenir face aux dangers émergents pour la santé publique et aux urgences.

Le 16 octobre, le ministre de la Santé et des Soins de longue durée a établi le Comité d'experts sur l'éclosion de la maladie des Légionnaires pour : évaluer les progrès réalisés en Ontario depuis la crise du SRAS; déterminer les principales leçons à tirer de l'éclosion récente de la maladie des Légionnaires; et proposer des conseils sur la manière de renforcer la lutte contre les maladies infectieuses en Ontario.

Buts de l'intervention face à l'éclosion

Les deux buts immédiats de l'intervention face à l'éclosion sont les suivants :

  • prévoir les meilleurs soins possibles pour les personnes qui sont malades;
  • prévenir ou lutter contre la propagation de la maladie infectieuse.

Au terme de son examen, le comité d'experts a conclu que l'intervention face à l'éclosion a atteint les deux buts visés. On a pris les bonnes décisions au bon moment pour soigner les personnes qui étaient tombées malades et pour prévenir la propagation de la maladie.

Les autres buts de l'intervention face à la crise sont les suivants :

  • déceler et éliminer la cause de la crise;
  • appuyer les personnes impliquées dans l'intervention;
  • réduire au minimum la perturbation de l'ordre public.

Selon l'avis du comité d'experts, une bonne partie des efforts déployés par le système pour atteindre ces buts étaient pertinents. L'intervention du système face à l'éclosion de la maladie des Légionnaires était plus organisée, efficace et pertinente que si elle avait eu lieu pendant la crise du SRAS, et il est clair que nombre des leçons tirées de la crise du SRAS ont été appliquées.

En dépit des grandes améliorations, il reste beaucoup de travail à accomplir. Il existe encore dans le système de santé public et dans le système de santé général de graves faiblesses qui doivent être abordées.

L'éclosion de la maladie des Légionnaires n'était pas une crise de grande envergure. Unique, cet événement a touché seulement un peu plus de 100 personnes dans une zone géographique restreinte qui est desservie par l'unité de santé publique la plus importante et la mieux dotée de toute la province. Si l'éclosion avait été de plus grande envergure ou si la maladie avait été plus virulente, le système aurait été nettement plus éprouvé et les issues auraient pu être tout à fait autres.

La citation suivante est tirée du rapport Pour le bien de la santé publique : « la santé publique de base et la lutte contre les infections … faisant partie du contrat social qui lie la population à son gouvernement, et non simplement … une contrainte fiscale supplémentaire imposée à un système de santé déjà éprouvé. Même à une époque de restrictions budgétaires, nous ne devons pas oublier combien il peut être coûteux de négliger l'essentiel. »

Il y a deux ans, la crise du SRAS a donné un coup de fouet à l'Ontario. Nous ne pouvons pas nous permettre maintenant de ralentir cet élan.

Dans ce rapport, le comité présente un bulletin scolaire à mi-parcours sur les efforts déployés par l'Ontario en vue de revitaliser le système de santé publique et de protéger la santé de la population. Le rapport souligne ce qui a bien fonctionné et ce qu'il faut améliorer pour gérer les maladies infectieuses maintenant et à l'avenir.

Sommaire des recommandations

Le comité conseille à l'Ontario de continuer à mettre en place les recommandations avancées dans le rapport Pour le bien de la santé publique : Un plan d'action. En outre, nous conseillons de prendre les mesures qui suivent.

  1. Combler les lacunes du dispositif d'intervention en cas d'éclosion comme suit :
    1. Faire en sorte que tous les organismes comprennent clairement la teneur des rôles et des responsabilités de chacun.
    2. Élaborer un mécanisme visant à assurer que les hôpitaux fassent partie d'une intervention coordonnée en cas d'éclosion locale ou régionale.
    3. Améliorer les formalités et les processus associés au transfert de patients d'une installation à l'autre.
    4. Établir les objectifs prioritaires relativement à l'utilisation des hospitalières limitées (p. ex., lits d'isolement, salles ventilées par aspiration) pendant une éclosion.
    5. Encourager tous les organismes, dans le cadre de la planification d'urgence, à élaborer des plans visant la continuité des opérations.
  2. Prévoir les effectifs pertinents et développer une capacité pour des situations d'urgence comme suit :
    1. Agir rapidement pour mettre en place les recommandations visant les ressources humaines présentées par le comité d'examen des capacités en santé publique et constituer une main-d'œuvre oeuvrant dans le secteur de la santé publique à l'échelle locale et provinciale.
    2. Dès maintenant, recruter et perfectionner les compétences nécessaires pour faire du Laboratoire central de santé publique une précieuse ressource provinciale et nationale.
    3. Encourager toutes les installations à conclure des ententes avec leurs syndicats pour autoriser le personnel à travailler dans des sites différents pendant une crise, de sorte à constituer une capacité en cas de demande soudaine.
    4. Encourager les hôpitaux et les autres installations à élaborer des plans d'urgence en matière de dotation en cas de crise, notamment lorsqu'une proportion considérable du personnel est incapable de travailler pour cause de maladie.
    5. Agir rapidement pour créer l'Agence de santé publique de l'Ontario et lui donner la responsabilité de tenir à jour une liste d'experts à l'échelle locale, nationale et internationale lesquels sont susceptibles de venir en aide en cas d'éclosion.
  3. Améliorer la santé et la sécurité au travail, tout comme la prévention et la lutte contre les infections par les mesures suivantes :
    1. Faire en sorte que, pendant une éclosion, soient basées sur des données scientifiques toutes les décisions sur l'utilisation d'équipements personnels de sécurité et les autres pratiques de prévention et de lutte contre les infections.
    2. Énoncer clairement les responsabilités des différents ministères et assurer l'harmonisation des messages (c'est-à-dire, déléguer au ministère de la Santé et des Soins de longue durée la responsabilité d'établir des politiques visant les mesures appropriées en matière de prévention et de lutte contre les infections en cas d'éclosion et au ministère du Travail la responsabilité d'appliquer et de faire observer ces politiques axées sur les données scientifiques).
    3. Continuer à faire appel au comité consultatif provincial sur les maladies infectieuses et faire intervenir le comité aussi rapidement que possible en cas d'éclosion pour aider à établir les normes relatives à la prévention et la lutte contre les infections, expliquer le contexte scientifique de la situation et donner des conseils éclairés tout au long de l'éclosion.
    4. Veiller à ce que tous les organismes et fournisseurs de soins de santé soient informés sur l'importance de se munir de précautions adéquates et scientifiques et sur les raisons motivant les différents niveaux de précautions dans différents milieux.
    5. Veiller à ce que tous les organismes et fournisseurs de soins de santé aient accès facilement et immédiatement à l'information et aux conseils sur les EPS (équipement personnel de sécurité) appropriés et les autres précautions.
    6. Inciter les professions de la santé à sensibiliser leurs membres à l'idée de leur obligation de soigner et aux mesures de protection en place pour diminuer les risques auxquels ils sont exposés au travail.
  4. Améliorer la capacité de l'Ontario à examiner les éclosions comme suit :
    1. Revitaliser le Laboratoire central de santé publique, et exécuter les recommandations visant sa réimplantation, notamment de l'intégrer aux centres universitaires de sciences de la santé.
    2. Construire une nouvelle installation d'autopsies pour le bureau du Coroner en chef qui satisfait aux nouvelles normes en matière de sécurité.
  5. Améliorer la capacité de l'Ontario à communiquer des renseignements exacts pendant une éclosion par les mesures suivante :
    1. Élaborer un système informatique pour gérer les transferts entre installations.
    2. Agir rapidement pour assurer le déploiement complet et l'amélioration des fonctionnalités du Système d'information en santé publique (SISP-i) et accorder aux unités de santé publique la capacité de recueillir et de partager des données, et de produire des rapports.
    3. Mettre au point un système d'information pour le Laboratoire central de santé publique.
    4. Mettre au point un système d'information visant à favoriser la communication entre tous les organismes et fournisseurs de soins de santé en cas d'éclosion.
    5. Exiger de tous les organismes et fournisseurs de soins de santé d'acquérir une formation en informatique et de se munir des équipements technologiques nécessaires pour obtenir de l'information même en dehors des heures de travail pendant une urgence.
    6. Collaborer avec les médias pour assurer une couverture plus éclairée des éclosions de maladies.
  6. Faire en sorte que les normes visant les installations en Ontario soient suffisantes pour protéger les pensionnaires et le personnel des maisons de soins de longue durée comme suit :
    1. Former un groupe de spécialistes pour examiner la conception et l'entretien des dispositifs de refroidissement dans les maisons de soins de longue durée, les hôpitaux et les autres installations hébergeant des personnes ayant des besoins complexes en matière de santé.
    2. Examiner les normes de la province en matière environnementale par rapport à celles qui sont en place dans d'autres régions de sorte à ce qu'elles soient suffisantes pour protéger les pensionnaires et le personnel des maisons de soins de longue durée.

décembre 2005

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