Salle de presse

Discours

Favorisons la santé : Plan d'action de l'Ontario en matière de soins de santé - Rapport d'étape après deux ans

L’honorable Deb Matthews,
ministre de la Santé et des Soins de longue durée

Le 27 janvier 2014

;

Download

Je vous remercie, Noble, je remercie l'Empire Club et je remercie chacun de vous de votre présence aujourd'hui. C'est un immense plaisir pour moi, et je dois vous dire que plusieurs membres de ma famille sont présents. C'est formidable d'avoir le soutien des gens que j'aime et qui m'aiment.

Je suis ici pour parler d'un grand projet canadien, un projet qui a des répercussions sur chacun de nous et sur nos proches. Il s'agit de la pérennité de notre précieux système de santé universel uniquement canadien.

Vous avez peut-être récemment vu une publicité à la télévision avec notre première ministre Kathleen Wynne. Elle gravit une côte à la course très tôt le matin, par un temps froid et pluvieux. Elle nous dit qu'elle fixe des objectifs, des objectifs très difficiles à réaliser, ce dont je peux témoigner.

Je peux vous assurer qu'en santé aussi, nous avons fixé des objectifs très difficiles à réaliser. C'est ce que nous avons fait il y a deux ans, lorsque j'ai publié le Plan d'action de l'Ontario en matière de soins de santé. Il définit un programme ambitieux afin de renouveler notre système de santé.

Nous savons tous que ce renouvellement est nécessaire. Notre réalité fiscale et démographique l'exige. À dire vrai, notre réalité fiscale est encore mise à mal par des compressions de 640 millions de dollars dans les paiements de transfert du gouvernement fédéral. De plus, nous recevons 300 millions de dollars de moins en paiements fédéraux de transfert en santé que nous le devrions comparativement aux autres provinces.

Malgré ces défis, notre résolution n'est pas ébranlée; c'est plutôt le contraire… parce que si nous abandonnons notre résolution et ne procédons pas au renouvellement, cela voudrait dire la fin de notre système de santé universel, ce qui est inconcevable. C'est inconcevable pour moi, pour nos parents et pour nos petits-enfants. C'est tout à fait inconcevable.

Lors de la publication du Plan d'action, je savais que le renouvellement serait difficile, qu'il mettrait les relations à rude épreuve, mais j'avais aussi la certitude qu'ensemble, nous pouvions y arriver… ce que nous sommes en train de faire, en grande partie grâce à plusieurs personnes présentes ici aujourd'hui, à qui je veux dire merci d'avoir joué un rôle dans ce renouvellement, avec une mention spéciale pour l'ancien sous-ministre Saad Rafi qui a vraiment rendu cela possible.

Je dois aussi mentionner l'équipe entourant Saad Rafi. Lors du lancement du Plan d'action, j'ai promis de présenter un rapport annuel sur nos progrès; voilà pourquoi je suis ici aujourd'hui. Notre Plan d'action a maintenant deux ans. Je peux vous assurer que le renouvellement est bien enclenché. Il bat son plein.

Nous avons apporté des améliorations et des changements fondamentaux à la manière dont nous prodiguons les soins de santé, en particulier à notre population croissante d'aînés, tout en faisant ce que beaucoup de gens pensaient impossible - en infléchissant significativement la courbe des coûts.

Nous étions habitués à voir le budget de la santé croître annuellement d'environ six à sept pour cent. Nous sommes arrivés à réduire cette croissance à un peu plus de deux pour cent. Nous avons atteint notre objectif fiscal l'an dernier. Nous avons encore réussi cette année et nous réussirons encore l'an prochain. Nous allons continuer sur la bonne voie dans un avenir prévisible. C'est là la nouvelle norme.

Et voici ce qui est remarquable. Alors même que nous infléchissons la courbe des coûts, nous améliorons notamment la qualité des soins de santé et l'accès à ceux-ci. Nous pouvons faire les deux à la fois parce que les gens qui travaillent dans les soins de santé font preuve d'un esprit d'initiative et d'innovation extraordinaire.

Ils défient le statu quo. Ils nous prouvent que nous pouvons faire les choses autrement et mieux - pour les patients. Au lieu de se demander si ce changement est à leur avantage ou à celui de leur organisme ou de leur profession, les chefs de file des soins de santé à tous les échelons se demandent plutôt comment ils peuvent améliorer les choses pour les patients tout en optimisant les ressources.

Je me souviens que le physicien néo-zélandais Ernest Rutherford a dit : « Messieurs, nous n'avons plus d'argent. Maintenant, il va falloir réfléchir. » Je crois que cela s'applique parfaitement aux soins de santé, non seulement en Ontario, mais partout dans le monde.

Si cela est mieux pour les patients et si cela optimise nos ressources - et c'est souvent les deux à la fois -, c'est alors à nous, à nous tous, de favoriser ce changement. Ce n'est pas toujours facile. Nous avons dû prendre certaines décisions difficiles. Cela a fait du bruit. Cela a suscité de l'opposition. Cela a suscité une opposition féroce, mais cela valait la peine.

D'autres provinces suivent notre exemple en matière de réforme des médicaments d'ordonnance. Ici, en Ontario, nos réformes font en sorte que nous pouvons réinvestir 500 millions de dollars par année dans plus de médicaments, pour un plus grand nombre de personnes et un plus grand nombre de services que les pharmaciens peuvent offrir, comme le vaccin antigrippal. Les consommateurs épargnent aussi grâce au coût plus bas des médicaments d'ordonnance.

Nous collaborons avec les médecins afin d'harmoniser les soins pour lesquels nous payons grâce à des pratiques exemplaires fondées sur les preuves et afin de partager les améliorations technologiques, ce qui veut dire que nous pouvons désormais réinvestir 400 millions de dollars par année dans de nouveaux médecins et des soins pour un plus grand nombre de patients.

Les directions des hôpitaux nous aident à passer de budgets hospitaliers globaux à un modèle de financement dans lequel le financement suit les patients. Nous avons aussi modifié l'an dernier la manière dont nous offrons la physiothérapie et les séances d'exercice pour les aînés, ce qui a pour résultat que plus de 200 000 personnes de plus peuvent obtenir les soins dont elles ont besoin pour être fortes et en santé. Je peux vous assurer que d'autres réformes sont nécessaires et seront réalisées lorsqu'elles optimisent les ressources et lorsqu'elles sont pour le bien des patients.

Nous avons examiné les deux années passées et avons constaté que le Plan d'action était le bon plan. Nous continuons de le mettre en oeuvre et je peux vous garantir que nous n'en dévions pas. Notre travail est loin d'être terminé, mais aujourd'hui je peux déclarer que nous avons réalisé d'importants progrès dans toutes les initiatives définies dans le Plan d'action. Je suis certaine que vous serez soulagés de savoir que je ne vous en dresserai pas la liste exhaustive. Ces renseignements se retrouvent dans le document devant vous, sur votre table.

Je veux cependant vous parler de certains des résultats que nous avons atteints et de certaines des prochaines étapes du renouvellement. Je veux aussi vous présenter certaines facettes de ce renouvellement, des gens qui nous ont inspirés, qui animent ce changement ou qui, espérons-nous, nous aideront avec le changement en cours parce que la santé concerne les gens. Elle est au coeur des gens.

Le Plan d'action se fonde sur trois piliers. Le premier pilier s'intitule « garder l'Ontario en santé ». Nous nous concentrons sur la prévention des maladies dont le coût est le plus élevé pour les gens et le système. Le cancer est l'une de ces maladies.

Voici Kate Neale. C'est une jeune femme de Belleville. Elle travaillait dans un salon de bronzage et s'était fait dire qu'elle devait se faire bronzer et le faire souvent. Elle a développé un mélanome, une maladie mortelle. Grâce en partie à Kate, l'Assemblée législative a adopté l'an dernier la Loi sur la prévention du cancer de la peau et nous espérons qu'il n'y aura plus d'autres histoires comme la sienne.

Protéger nos enfants du cancer veut également dire agir fermement sur la question du tabagisme. Notre stratégie Ontario sans fumée fait déjà office de chef de file en Amérique du Nord et a aidé à réduire les taux de tabagisme d'un sommet de 25 % à environ 19 %. Dans le cadre du Plan d'action, nous avons fixé l'objectif de présenter le taux de tabagisme le plus bas au pays.

Ce titre est actuellement détenu par la Colombie-Britannique. Leur taux est de 15 %, ce qui veut dire que nous devons en faire plus. Nous proposons donc de doubler les sanctions liées à la vente de tabac à des mineurs, d'interdire la vente de produits du tabac aromatisés et d'interdire de fumer sur les terrasses des bars et des restaurants et sur les terrains de sport.

Le Plan d'action a également cerné l'obésité infantile comme étant un facteur important des coûts futurs en santé. Il est clair que les enfants sont moins actifs, moins en forme et moins en santé que ceux de la génération précédente, et quelque chose doit être fait pour renverser cette tendance.

Nous avons donc mis sur pied le Comité d'experts pour la santé des enfants afin de poursuivre la recherche et de nous fournir des conseils. Ses membres nous ont dit que les mesures devaient commencer à la naissance et même avant cela. J'ai été surprise d'apprendre que favoriser l'allaitement est peut-être la chose la plus importante que nous pouvons faire pour réduire l'obésité chez les enfants. C'est pourquoi nous offrons à toutes les nouvelles mamans l'accès à des soutiens en matière d'allaitement, comme un accès permanent à des consultantes en allaitement, par l'entremise de Télésanté Ontario.

Le Comité d'experts pour la santé des enfants nous a aussi expliqué que l'accès à une alimentation saine est une grande partie de la réponse, raison pour laquelle 33 000 enfants de plus de collectivités ayant des besoins élevés, notamment nos collectivités des Premières Nations, ont maintenant accès à des programmes élargis de bonne nutrition des élèves.

Faire une différence dans la santé des enfants signifie que nous devons tous faire des choix plus sains et que nous devons posséder les renseignements nécessaires pour faire de tels choix. Nous allons donc déposer un nouveau projet de loi qui rendra obligatoire l'affichage des calories sur les menus des grandes chaînes de restaurants et des autres chaînes qui vendent des aliments prêts-à-manger.

Cependant, si nous voulons faire une différence notable pour la santé de nos enfants, nous savons que nous ne pouvons pas y arriver seuls. La législation et la réglementation ne peuvent pas y arriver toutes seules. Nous devons tous nous atteler à la tâche. Nous avons besoin que tous participent et forgent des partenariats au sein de nos collectivités, municipalités, entreprises, organismes sans but lucratif et familles afin que nos enfants soient en santé et actifs.

Nous avons donc lancé, la première ministre et moi-même, en compagnie de Patchi le porc-épic, la mascotte des Jeux panaméricains et parapanaméricains, l'Action communautaire Enfants en santé afin d'inviter les collectivités de partout dans la province à s'unir avec des organismes locaux afin de promouvoir un mode de vie actif et sain chez nos enfants.

Cette initiative se fonde sur les recherches. Elle se fonde sur le modèle EPODE qui a montré de bons résultats en France et ailleurs dans le monde. J'espère que certains d'entre vous envisagent de jouer un rôle de chef de file dans votre collectivité en participant à l'Action communautaire Enfants en santé.

Parlons maintenant du deuxième pilier de notre Plan d'action, l'accès rapide aux soins de santé familiale et les liens forts avec ceux-ci. Lorsqu'il est question de la rapidité d'accès aux soins de santé familiale, nous pouvons dire que nous avons fait un bon bout de chemin, mais qu'il nous en reste encore à faire.

Comme vous l'avez peut-être vu aux nouvelles la semaine dernière, le Canada est derrière le peloton en matière d'accès des patients à des rendez-vous le jour même ou le lendemain avec leur médecin de famille. Nous devons faire mieux. Tant que les gens n'auront pas accès rapidement à leur médecin de famille ou à leur infirmière praticienne, ils se tourneront vers une solution de rechange beaucoup plus coûteuse - le service des urgences de l'hôpital.

Il y a des choses stimulantes qui se passent en matière de soins primaires, en particulier lorsqu'il est question des personnes ayant les besoins en santé les plus élevés. Voici une statistique qui a vraiment attiré mon attention. Un pour cent de notre population est responsable d'un tiers de toutes les dépenses en soins de santé. Cinq pour cent d'entre nous sont responsables des deux tiers de toutes les dépenses en soins de santé. Nous devons donc vraiment nous concentrer sur les personnes qui ont des besoins importants en matière de soins de santé.

Les maillons santé communautaires sont une innovation propre à l'Ontario qui est axée sur les soins pour nos patients ayant les besoins les plus complexes et qui place leurs médecins de famille ou leurs infirmières praticiennes au centre d'un plan de soins unique. La plupart de ces patients sont des aînés ayant des besoins complexes. Nous avons également constaté que beaucoup d'entre eux, pour ne pas dire la majorité, ont aussi des problèmes de santé mentale. Plutôt que de vous donner des explications, regardons une vidéo de deux minutes qui décrit comment les maillons santé aident des patients comme Mary.

(VIDÉO)

Peut-on offrir de meilleurs soins à nos patients les plus complexes, y compris les aînés aux besoins multiples? Je vous présente Marie. Elle souffre du diabète, d'emphysème et d'un problème à la hanche. Ça lui fait beaucoup de rendez-vous, de médecins à voir et de médicaments à prendre. Ces derniers temps, elle se retrouve souvent à l'hôpital. Ce n'est pas facile pour elle, et sa fille passe beaucoup de temps à essayer de s'y retrouver dans le système de santé afin de trouver les soins qui conviennent le mieux à sa mère.

Marie s'inquiète. Tout ce qu'elle veut, c'est de pouvoir jouer avec ses petits-enfants et aller voir ses amis. Son médecin est frustré. Il ne sait pas toujours où en sont ses soins. Est-ce qu'elle est allée aux urgences? Est-ce qu'on lui a prescrit un nouveau médicament? Est-ce qu'elle mange comme il faut?

Avec les maillons santé, les choses évoluent. Marie et sa fille font partie intégrante de son équipe de soins, au même titre que son médecin, le personnel infirmier praticien, le préposé aux services de soutien à la personne, la physiothérapeute, la pharmacienne, la popote roulante et l'éducateur spécialisé en diabète. Ensemble, ils mettent au point un plan adapté aux besoins de Marie, c'est-à-dire de pouvoir jouer avec ses petits-enfants et aller voir ses amis. Marie a une coordonnatrice des services de santé.

Désormais, quand elle a un problème, Marie sait à qui parler, au lieu d'aller chaque fois aux urgences. Mais quand elle a besoin d'aller à l'hôpital, le personnel soignant a accès à son plan de soins et à ses antécédents. Il peut ainsi lui fournir les meilleurs soins possible.

Grâce aux maillons santé, toute l'équipe de soins de Marie a accès à ses renseignements au bon moment. Maintenant, son médecin est au courant de ce qui se passe, et sait quand il faut assurer le suivi avec elle. Son équipe de soins s'est même arrangée pour que Marie puisse assister aux activités d'un programme de lutte contre le diabète toutes les semaines.

Marie et sa fille passent moins de temps à l'hôpital et dans les salles d'attente. Elles profitent plus de la vie. Tout le monde se sent plus rassuré en ce qui concerne ses soins. Son médecin et toute son équipe de soins sont en contact grâce au maillon santé, et ils ont vraiment l'impression d'aider Marie et sa famille. Maintenant, Marie profite de meilleurs soins dans un système de santé plus efficace. Ça permet aussi de mieux servir les besoins des autres. Les maillons santé permettent à tous les professionnels de la santé de collaborer pour favoriser la santé. Pour en savoir plus, rendez-vous sur ontario.ca/favorisonslasante

(FIN DE LA VIDÉO)

Nous avons désormais 47 maillons santé qui couvrent près de la moitié du territoire de la province et nous espérons, au cours des prochains mois, que toute la province y aura accès. La création des maillons santé n'est pas la seule innovation qui m'a prouvé à quel point les fournisseurs à tous les échelons de notre système réfléchissent différemment à divers moyens de prodiguer de meilleurs soins.

Voici une photo de Deb Wicks, des SMU de Toronto. Nos ambulanciers paramédicaux se retrouvent en première ligne. Ils sont aux premières loges lorsque le système de santé laisse tomber des gens parce que ceux-ci appellent le 911, parfois des douzaines de fois par année… des douzaines de fois par année.

Les ambulanciers paramédicaux pourraient prévenir ces appels au 911 plutôt que d'y répondre, et ils ont trouvé des moyens d'offrir à ces visages familiers de meilleures manières d'obtenir les soins dont ils ont besoin, souvent en les aiguillant vers d'autres services communautaires et parfois aussi en se présentant spontanément à leur domicile au lieu d'attendre à leur poste que le téléphone sonne.

C'est ce qu'on appelle les services paramédicaux communautaires. Il s'agit d'une innovation formidable. Vous avez peut-être vu récemment sur CBC un reportage qui soulignait les résultats des services paramédicaux communautaires dans le comté de Renfrew. Une étude récente des SMU de Toronto a démontré que les services paramédicaux communautaires entraînaient une diminution de 50 % du nombre des appels répétés au 911 et de 65 % du nombre de transports au service des urgences.

Au cours d'une période de six mois, ils ont économisé 300 000 $ seulement en raison de la diminution du nombre de transports, en plus de réduire l'engorgement dans les hôpitaux. Selon Deb, ils n'ont fait qu'effleurer la surface du problème. Ce sont là de meilleurs soins qui optimisent nos ressources et c'est pour cette raison que j'ai annoncé la semaine dernière des plans pour offrir du soutien aux services paramédicaux communautaires partout dans la province.

C'est le genre de soins mieux adaptés, innovateurs et centrés sur le patient que nous voulons encourager, et je suis enchantée de la présence ici de Norm Gale. C'est le président de l'Ontario Association of Paramedic Chiefs, qui a été un véritable champion des services paramédicaux communautaires. Merci, Norm.

Le troisième et dernier pilier du Plan d'action est le suivant : « les bons soins, au bon moment et au bon endroit ». Obtenir les bons soins au bon moment est la raison pour laquelle nous avons élargi le rôle des infirmières autorisées et des infirmières auxiliaires autorisées afin qu'elles puissent administrer des médicaments dans certaines circonstances. De plus, les infirmières praticiennes peuvent désormais prescrire des médicaments, et admettre des patients à l'hôpital et leur accorder leur congé.

Permettez-moi de vous donner un autre exemple de l'importance d'obtenir les bons soins au bon moment. Ce charmant petit garçon s'appelle Ethan Peters. Sa grande soeur, Brooklyn, est morte d'une maladie rare, le syndrome d'immunodéficience combinée aiguë, qui porte aussi le nom de maladie de l'enfant-bulle.

Cette maladie est mortelle si elle n'est pas dépistée de manière précoce, mais elle peut être traitée avec succès si elle est prise en charge rapidement. Lorsqu'Ethan est né, il a subi un test de dépistage pour le syndrome d'immunodéficience combinée aiguë en raison de ses antécédents familiaux. Le test s'est avéré positif, mais parce qu'il a été dépisté de manière précoce, il a été traité avec succès grâce à une greffe de la moelle osseuse et il se porte maintenant à merveille.

Nous dépistons désormais tous les nouveau-nés pour le syndrome d'immunodéficience combinée aiguë et nous espérons qu'il n'y aura plus de tragédie comme celle de Brooklyn, qui n'a pas pu obtenir les bons soins au bon moment, et l'Ontario a maintenant le programme de dépistage des nouveau-nés le plus complet au Canada. Il y a à peine 10 ans, nous ne dépistions que deux maladies. Nous en dépistons à présent 29. Maintenant, les enfants peuvent obtenir les bons soins au bon moment, parfois à temps pour leur sauver la vie.

Les innovations nous aident à soutenir des enfants comme Ethan. De nouveaux traitements et de nouvelles technologies émergent constamment en santé, et offrent de nouveaux moyens d'améliorer les soins et d'optimiser les ressources pour les dollars que nous investissons en santé. L'Ontario possède une industrie des sciences de la vie stimulante et en croissance qui emploie des milliers de personnes et qui exporte l'innovation ontarienne partout dans le monde.

Nous avons également un excellent système de santé. Nous sommes déterminés à réunir ces deux aspects afin de nous assurer que chacun profitera des apports de l'autre. Autrement dit, nous voulons miser sur le potentiel des découvertes faites en Ontario parce que les patients obtiendront ainsi de meilleurs soins plus rapidement et que de nouveaux emplois seront créés ici, en Ontario.

Par conséquent, s'il y a des obstacles à l'innovation, je veux les connaître afin que nous puissions les surmonter. C'est pour cette raison qu'en compagnie de mon collègue Reza Moridi, ministre de la Recherche et de l'Innovation, nous avons mis sur pied le Conseil ontarien de l'innovation en santé. Ils nous conseilleront sur la manière de commercialiser les innovations ontariennes. Je pense que nous possédons un potentiel immense.

L'un des points importants de notre Plan d'action est de prendre le pas sur le changement démographique et de réinventer la manière dont nous pouvons prodiguer des soins, les meilleurs soins qui soient, au nombre croissant d'Ontariennes et d'Ontariens âgés. Nous nous sommes donc tournés vers le Dr Samir Sinha afin qu'il nous conseille. Le Dr Sinha est avec nous aujourd'hui. Je tiens à le remercier et à vous montrer une photo de lui en compagnie de son grand-père.

L'élargissement des services paramédicaux communautaires et l'amélioration de l'accès à la physiothérapie et aux programmes d'exercice et de prévention des chutes ont été recommandés par le Dr Sinha dans son rapport intitulé « Vivre bien et plus longtemps », qui, soit dit en passant, a été téléchargé 25 000 fois par des gens de partout dans le monde.

Il a présenté 134 recommandations en matière de santé, et il ne s'agissait là que de celles relevant de la santé. Il en a fait d'autres à d'autres personnes aussi, mais je suis fière de dire que nous mettons - ou avons mis - en oeuvre les deux tiers de ces recommandations.

Au coeur du renouvellement et au coeur du rapport du Dr Sinha se retrouve la notion d'un déplacement des soins offerts dans des institutions, comme des hôpitaux et des foyers de soins de longue durée, vers des soins à domicile ou dans des établissements communautaires, parce que c'est ce que veulent les gens et que c'est aussi ce qui coûte le moins.

Tout cela s'est concrétisé pour moi lorsque mon ami Ken a eu un accident vasculaire cérébral. Il avait plus de 80 ans, était veuf, actif et père d'une grande famille très proche. Il vivait encore dans la maison de sept chambres dans laquelle il a élevé sa famille. Après son accident vasculaire cérébral, plusieurs de ses enfants et ses médecins voulaient qu'il déménage dans un foyer de soins de longue durée.

Cependant, Ken avait une autre idée. C'est dans sa maison qu'il voulait vivre. C'est là qu'il allait retourner. Il a mis un terme à la discussion. Le Centre d'accès aux soins communautaires du Sud-Ouest s'est donc impliqué. Grâce à leur programme Homes First, ils se sont arrangés pour que Ken reçoive des soins chez lui, en tout temps.

Sa santé s'est améliorée, il a regagné ses forces et après quelques semaines, il avait besoin de moins en moins de soins à domicile. Il les a mis dehors… Il n'avait plus besoin de soins à domicile, ni de soins de longue durée. Un an plus tard, Ken a eu un autre accident vasculaire cérébral et est décédé, mais il vivait chez lui, là où il voulait être jusqu'à la toute fin.

L'histoire de Ken illustre le renouvellement en action et je pense que c'est ce que nous voulons tous pour nous-mêmes en plus d'en voir les avantages se répandre d'un bout à l'autre du système. Des histoires comme celle-là expliquent pourquoi les listes d'attente pour des soins de longue durée en Ontario raccourcissent. C'est pour cette raison que moins de lits d'hôpital sont occupés par des personnes qui pourraient être mieux soignées ailleurs. Il s'agit là de meilleurs soins et d'une optimisation des ressources.

Voici maintenant une photo de Pearl. Pearl est une cliente des soins à domicile à Kingston. Comme Ken, elle souhaite rester chez elle le plus longtemps possible. Ken et Pearl sont des exemples de ce qui nous pousse à geler les dépenses dans d'autres secteurs de notre budget de soins de santé afin que nous puissions investir tous les rares nouveaux dollars pour aider nos aînés à domicile.

L'an dernier, nous avons affecté 260 millions de dollars, ce qui est de loin notre nouvel investissement le plus important, au secteur des soins à domicile et communautaires. Cela veut dire que nous avons pu élargir l'accès aux soins à domicile à 76 000 aînés de plus et que nous avons élargi des services communautaires de soutien comme la popote roulante. Nous nous occupons d'un plus grand nombre de personnes dans des logements avec services de soutien et des programmes de jour, en plus de soutenir des soignants dévoués par le truchement de programmes de répit.

Il y a cependant un gros problème que nous devons régler afin d'avoir des soins communautaires et à domicile de grande qualité pour nos parents, nos grands-parents et nous-mêmes lorsque viendra le temps. Voici Juliette. Juliette travaille comme préposée aux services de soutien à la personne à Milton. J'ai passé une matinée à la suivre dans son travail.

Les préposés aux services de soutien à la personne dans le secteur des soins à domicile et communautaires sont en première ligne de notre système de santé. Ce sont eux qui prodiguent les soins aux personnes les plus vulnérables chez elles. Ils sont la base de nos efforts en matière de renouvellement. Vous pouvez être assurés que sans les soins à domicile offerts par les préposés aux services de soutien à la personne, nous ne pouvons pas continuer à mettre en oeuvre notre programme en matière de renouvellement. Nous serions peut-être même dans l'impossibilité de maintenir les progrès que nous avons réalisés.

La semaine dernière, la première ministre et moi avons rencontré un groupe de préposés aux services de soutien à la personne qui travaillent dans le secteur des soins à domicile. Ils nous ont parlé des patients dont ils prennent soin et nous ont expliqué à quel point ces patients comptent pour eux. Ces préposés aux services de soutien à la personne nous ont raconté jusqu'où ils doivent aller afin de s'assurer que les personnes qu'ils soignent obtiennent les soins dont elles ont besoin.

Ils nous ont aussi expliqué les difficultés auxquelles ils font face. Lors de cette rencontre, j'ai fait la connaissance de Rachel, une femme de 28 ans qui adore son travail de préposée aux services de soutien à la personne à domicile. L'an dernier, elle a gagné 16 000 dollars, sans avantages sociaux et sans heures garanties. Elle habite donc encore chez ses parents.

Rachel m'a dit qu'elle gagnerait plus d'argent en travaillant au Tim Horton et qu'elle en gagnerait encore plus comme préposée aux services de soutien à la personne dans un établissement de soins de longue durée ou dans un hôpital. Cependant, elle veut faire carrière dans les soins à domicile, là où nous avons besoin d'elle. Elle aimerait toutefois bien avoir une maison à elle un jour.

Je ne pense pas que ce soit trop demander. Le système aussi fait face à des difficultés, notamment parce que chaque année, on note un roulement de personnel d'environ 60 % parmi les préposés aux services de soutien à la personne du secteur des soins à domicile. Soixante pour cent partent pour occuper d'autres emplois, des emplois mieux rémunérés. Pour les patients, il est très perturbant de constamment changer de personne soignante. Quelque chose ne tourne pas rond.

Si nous voulons faire mieux pour nos patients qui ont besoin de soins à domicile, nous devons faire mieux pour les préposés aux services de soutien à la personne qui leur prodiguent des soins. Je reviendrai sur ce thème au cours des prochaines semaines. Nous nous servirons de notre stratégie de recrutement et de maintien en poste des préposés aux services de soutien à la personne à domicile, notamment en offrant de meilleurs soutiens à nos préposés aux services de soutien à la personne.

S'attaquer à un enjeu de cette taille nécessitera du temps. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, particulièrement dans le contexte d'un budget en santé serré et d'une demande croissante pour des soins, mais nous devons l'aborder comme la priorité urgente dont il s'agit.

Dès le début, notre Plan d'action a été totalement centré sur les patients, mais si nous voulons continuer à progresser, il n'est pas suffisant de nous demander si ce changement est à l'avantage des patients. Nous devons poser la question aux patients, parce que le système de santé est leur système de santé. Il est là pour eux, sans oublier le fait qu'ils paient son fonctionnement.

La mobilisation constructive des patients améliore la qualité des soins, ainsi que la satisfaction des patients, en plus d'être rentable. Lorsque les patients sont écoutés et entendus, les séjours à l'hôpital sont plus courts et les résultats des patients au chapitre de la santé sont meilleurs. Permettez-moi de vous donner un exemple.

Le CASC de Toronto a adopté une nouvelle approche en matière de soins à domicile. Lorsqu'un préposé aux services de soutien à la personne arrive au domicile d'un client, il ne suit plus une liste de tâches prédéterminées devant être accomplies. Il demande plutôt au client ce dont il a principalement besoin aujourd'hui. Le CASC a adopté cette approche parce qu'ils ont écouté leurs patients, ce qui a permis d'améliorer les résultats des patients. Cette approche porte ses fruits et est adoptée par d'autres CASC.

C'est là un des nombreux exemples à l'échelle de l'Ontario qui prouvent comment nous passons d'un système dans le cadre duquel nous prodiguons des soins aux patients à un système qui prodigue des soins avec les patients et, ce qui est le plus important, qui écoute les patients et qui apprend de ceux-ci. C'est pourquoi, en collaboration avec nos partenaires, et en premier lieu les patients, nous intégrerons la mobilisation constructive des patients au sein du système de santé par le truchement de la Loi sur l'excellence des soins pour tous.

L'une des plus belles choses qui soient à propos de la mobilisation des patients et des mesures prises en réponse à leurs commentaires, c'est que les gens sont plus satisfaits des soins qu'ils reçoivent. Cela mène à une réduction du nombre de plaintes, même si les plaintes persistent. Notre système de santé est grand et complexe. Les choses ne fonctionnent pas toujours parfaitement pour tout le monde.

Nous devons voir les plaintes comme des occasions d'améliorer la qualité. Comme dans le cas des normes que nous avons instaurées concernant le lavage des mains et la lutte contre les infections, nous allons fixer des normes concernant les relations avec les patients. Cela signifie entendre les plaintes d'une manière claire, structurée et cohérente dans l'ensemble du système de santé et y répondre avec respect.

Les patients doivent aussi savoir qu'ils peuvent se tourner vers un tiers représentant les patients lorsque tous les processus de règlement des différends locaux ont été épuisés. Cette personne agira en leur nom afin de faciliter la résolution des plaintes et des préoccupations, en plus de stimuler l'amélioration de la qualité à l'échelle du système. Nous établirons donc un nouveau poste de représentant des patients après avoir mobilisé les fournisseurs et les patients pour trouver la meilleure manière d'aller de l'avant.

Mesdames et Messieurs, nous avons donc un plan. Le renouvellement est bien amorcé. Les patients en profitent. Nous sommes sur la bonne voie et nous allons continuer à avancer. Nous allons continuer à travailler très fort afin de réaliser nos objectifs et, comme l'a dit la première ministre, nous n'arrêterons pas avant d'avoir terminé.

Je m'attends à ce que ce plan de renouvellement soit mis à l'épreuve au cours des prochains mois. Je le défendrai avec fierté. Certains voudraient compromettre la viabilité de notre système de santé universel en dépensant plus d'argent que nous pouvons nous permettre et en évitant de prendre des décisions difficiles.

D'autres ont un programme qui implique des compressions dans tous les secteurs, qui nuiraient inévitablement à la qualité des soins aux patients. Nous allons donc continuer à améliorer les soins que nous prodiguons aux patients de l'Ontario et nous continuerons à optimiser les ressources pour les précieux dollars que nous investissons en santé afin que le système de santé public universel auquel nous tenons tant soit encore là pour les patients qui en auront besoin demain.

Cette année s'annonce intéressante et j'ai hâte de revenir devant vous afin de vous présenter notre troisième rapport annuel sur notre Plan d'action. Merci.

Pour en savoir plus

Vous êtes journaliste et avez une question concernant une idée originale ou vous avez des commentaires au sujet de la façon dont la section des nouvelles pourrait mieux vous servir? Alors, envoyez-nous un courriel à: media@moh.gov.on.ca.

Ligne Médias
Sans frais : 1-888-414-4774
À Toronto, faites le : 416-314-6197

Information pour le public
Communiquer avec la Ligne Info de ServiceOntario
au 1 800 268-1154
À Toronto, faites le 416-314-5518
ATS : 1 800 387-5559. À Toronto, ATS 416-327-4282
Heures d'ouverture : 8 h 30 - 17 h