BACK PAGE NEXT PAGE

Pourquoi fallait-il restructurer les hôpitaux?

Entre 1989 et 1995, 11 000 lits d'hôpitaux ont été fermés alors même que le financement des soins hospitaliers augmentait de plus de 20 pour cent. Et pourtant, aucun regroupement n'a eu lieu dans les 250 établissements hospitaliers de l'Ontario. Cette réduction du nombre de lits a été comparée à la fermeture de 30 hôpitaux d'envergure moyenne, mais cette comparaison ne tient pas debout, puisque ce sont des lits et des services hospitaliers, non des établissements qui ont été fermés. En effet, il fallait continuer de chauffer, d'éclairer et d'entretenir les salles, les étages et les ailes vides.

En avril 1996, le gouvernement a confié à la Commission la tâche énorme de restructurer les hôpitaux. Il s'agissait d'améliorer les services prodigués par ceux-ci, tout en éliminant le chevauchement et l'espace inutilisé. Depuis lors, la restructuration a causé bien du souci aux professionnels de la santé, aux membres du personnel hospitalier et à la population en général. Il est normal que les gens soient attachés aux hôpitaux qui existent dans leur collectivité. En effet, ce sont les lieux où naissent leurs enfants, où les crises personnelles et familiales sont traitées, où ils passent souvent leurs derniers jours.

La restructuration des hôpitaux était nécessaire en raison des changements qui se sont produits dans la prestation des soins de santé. Les progrès technologiques et les nouvelles pratiques de soins qui produisent des thérapies améliorées ont bouleversé notre mode d'utilisation des services hospitaliers. Un bien moindre pourcentage de gens malades sont hospitalisés de nos jours, et ceux qui le sont passent moins de temps à l'hôpital qu'autrefois. La raison de ce phénomène est l'adoption progressive de la chirurgie de jour, des soins ambulatoires et des soins externes, ainsi que les progrès de la chimiothérapie, la disponibilité des traitements à domicile et plusieurs autres facteurs.

À la suite de cette évolution des soins hospitaliers, différents services ont manifesté de nouveaux besoins : soins à domicile, soins psychiatriques communautaires, soins de longue durée. Les hôpitaux devaient également offrir des services qui n'étaient plus les mêmes qu'autrefois, dont des soins pour affections subaiguës et de réadaptation et des services plus spécialisés, comme l'IRM, l'arthroplastie et la chirurgie cardiaque. Malgré le besoin accru à l'égard des différents services vitaux, les ressources étaient consacrées à maintenir un surplus de capacité dans les hôpitaux. Dans certains cas, on ne faisait rien pour répondre à tous ces besoins.


BACK PAGE NEXT PAGE